Gouvernance illégale et non démocratique

Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 11:46

Thierry.brugvin @free.fr

DU NEOLIBERALISME DANS L’ART

 

Cher François Noury,

Ou voulait-il en venir?

Finalement je crois que j’ai compris, réintroduire de l’humanité, de l’affectif dans le monde des idées froides et des théories savantes. Paradoxalement sous leurs vernis intellectuels, la passion, la rage et le parti pris y sont souvent présente.

Il il existe des oeuvres d’art qui parviennent  à réunir à la fois la dimension affective, psychologique, politique et spirituelle. La vie de jésus et ses multiples représentation en sont parfois une illustration. Néanmoins le volet politique disparait parfois, pourtant sa colère contre les marchands du temple et son opposition à la dictature romaine reste d’un courage encore rarement égalé. De part la radicalité de son engagement, incluant tous les domaines de la vie et ce au prix de sa propre vie.

Je te parle de religion, de spiritualité. J’entends déjà tous les intégristes laïques vitupérer. Pourtant un art global, ne doit évacuer aucune des dimensions de la vie, ni le spirituel, ni le politique. C’est cela la véritable tolérance. Mais comme c’est deux domaines qui avivent les passions et font sombrer la raison, très souvent ont les expulse de la vie sociale et professionnelle.

Ils sont nombreux mes amis, qui avant le mouvement des intermittents étaient surtout animés de préoccupation artistique et qui soudain se sont jeter dans la lutte politique. Tellement radicalement parfois qu’ils ont jeté leur bébé avec l’eau du bain. Ils ont cessé d’envisager leur avenir professionnel dans l’art théâtral et pas seulement du fait du nouveau régime restrictif des Assedics. Mais “Noury”t il pas été préférable de réussir à rester présent dans leur milieu en transformant leur pratique artistique et en introduisant du militantisme, ou du syndicalisme dans le cadre de leur pratique professionnelle avec les directeurs, les employeurs, les censeurs? En effet en changeant de métier, les maux du néo-libéralisme resteront présents.

L’action des intermittents à été dynamisante pour les mouvements sociaux, par sa passion, sa créativité et son radicalisme. Elle a affirmé à juste titre que la culture doit conserver une place importante dans notre société d’une part. D’autre part les profits sans cesse croissant des grandes entreprises devaient être redistribuer à tous et aux artistes notamment.

Cependant biens que les militants avaient intitulé leur mouvement “collectif des intermittents et précaires”, ils ont peiné à y intégrer d’autres corporations.

 

De fait des revendications  consistant à conserver leur régime des intermittents était légitime, d’autant plus qu’il faut bien se défendre soit même sinon qui le fera.

Maintenant mes paroles vont peut être sonner moins agréablement au milieux de ces textes écrits par des militants du monde des intermittents, serais-je entendu?

Paradoxalement le combat des intermittents à aussi eu pour conséquence de créer une coupure avec les autres précaires (travailleurs intérimaires, CDD, travailleurs précaires, du bâtiment, de l’industrie, de la formation....), qui subissent des conditions de travail autrement plus pénible et qui ne bénéficient même pas des indemnisations qu’ils mériteraient. En effet en réclamant de conserver le système sans le refondre complètement cela aboutit à garder sa part d’un gâteau qui diminue au détriment des non-intermittents. Il me semble que la lutte avait plus de chance de réussir si les revendications avaient été plus large, c’est à dire élargir l’assiette des cotisations sociales, pour mieux rémunérer tous les chômeurs qu’elle que soit leur profession.

 

En effet rien n’échappent au capitalisme néo-libéral et mondialisé et donc pas le théâtre surtout lorsqu’il devient professionnel. Le théâtre non rémunéré (souvent qualifié injustement d’amateur) préserve au moins sont indépendance, sa potentialité de liberté. Néanmoins certaines compagnies parviennent à recevoir des subventions tout en conservant un discours subversif. Mais alors j’imagine qu’elles doivent souvent faire preuve de diplomatie pour parvenir à joindre « les deux bouts », “les deux antagonismes”: la pérennité économique et la liberté d’expression.

Le capitalisme néo-libéral décrit par Marx et ses continuateurs reposent sur au moins 6 piliers, chiffre satanique s’il en ait.

- Exploitation,

- Domination,

- Aliénation,

- Marchandisation,

- Privatisation,

- Dérégulation.

 

Nos aïeux de 1968, l’avaient déjà compris,

c’est aussi parce qu’il se sentait l’âme de chef

qu’ils ne supportaient pas l’autorité,

mais c’est pour la même raison

qu’aujourd’hui, ayant acquis les rennes du pouvoir

ils oublient leurs idées libertaires,

pour jouir de leur autorité.

 

                                          Thierry Brugvin           

                           

 

 

 

Par Thierry Brugvin - Publié dans : Gouvernance illégale et non démocratique
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